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19 novembre 2021 – Redonner confiance aux jeunes et les réactiver sur le marché de l’emploi grâce à une formation fondée sur la pédagogie entrepreneuriale, c’est ce que fait l’association YouthStart depuis 23 ans. Après la semaine mondiale de l’entrepreneuriat et avant la semaine des Entrepreneurs organisée à partir de ce 19 novembre par l’UCM, UNIZO et HUB.BRUSSELS, YouthStart plaide pour que cette pédagogie soit davantage reconnue et utilisée en Belgique pour accompagner les jeunes les plus vulnérables pour les réactiver sur le marché de l’Emploi.

L’esprit d’entreprise (ou « entrepreneuriat ») est souvent confondu avec la création d’entreprises. Et pourtant, c’est beaucoup plus que cela. En effet,  le « sens de l’initiative et l’esprit d’entreprise » est l’une des huit compétences clés pour l’apprentissage tout au long de la vie définies par l’Union européenne. 

Depuis plus de 20 ans, l’association YouthStart propose partout en Belgique une formation basée sur l’entrepreneuriat. Une formation gratuite destinée aux jeunes NEET’s, c’est-à-dire les jeunes de moins de 30 ans qui ne sont ni à l‘emploi, ni en stage ou formation et qui ont au maximum un diplôme du secondaire supérieur. Selon des chiffres officiels de 2020, on dénombrait en Belgique pas moins de 9,2% des 15-24 ans dans cette situation.

YouthStart mise donc tout sur la pédagogie entrepreneuriale comme moteur de sa formation. Les jeunes participants sont invités à présenter un Plan d’affaires sur un sujet qui les passionne. « C’est pour nous un fil conducteur qui permet d’intégrer diverses approches d’enseignement innovantes et actives qui rend le processus d’apprentissage captivant et signifiant pour les jeunes et facilitent aussi, par exemple, l’intégration du numérique. L’objectif ultime de chaque formation est de délivrer un certificat aux jeunes qui réussissent à présenter leur Plan d’affaires et qui auront dû, au préalable, faire un travail d’introspection pour reprendre confiance en eux, pour ensuite découvrir leurs talents tout en développant des apprentissages à travers des défis réels qu’ils pourraient rencontrer dans leur vie adulte », précise Bart De Bondt, le CEO de YouthStart.

Selon YouthStart, la pédagogie entrepreneuriale amène les jeunes à développer l’esprit d’entreprendre : imaginer, innover et créer, se responsabiliser face aux autres, travailler en équipe et, in fine, devenir acteur de leur propre vie. Pour l’association, la Belgique reste encore très frileuse par rapport à cette pédagogie. « Nous restons encore dans une société qui a une vision un peu archaïque de l’apprentissage et  qui culpabilise les jeunes qui n’aiment pas les bancs de l’école, les connaissances livresques, la discipline scolaire et les jeux sans risque. Nous sommes dans une logique de promotion sociale concurrentielle, alors que la pédagogie entrepreneuriale pourrait être la clé d’un enthousiasme en commun envers les savoirs. », insiste Bart De Bondt.

YouthStart plaide donc pour une meilleure prise en compte des tous les projets mettant en avant cette pédagogie entrepreneuriale qui a des caractéristiques plus qu’intéressantes :

  • Elle est responsabilisante. 

Elle favorise la prise en charge par le jeune de sa propre démarche d’apprentissage.

  • Elle est expérientielle. 

Elle permet à l’étudiant de construire son apprentissage sur sa propre expérience plutôt que sur celle des autres.

  • Elle est réflexive. 

Elle permet au jeune de réfléchir sur l’objet d’apprentissage et son processus d’appropriation des connaissances.

  • Elle est coopérative. 

Le travail collaboratif permet aux différents membres de l’équipe de contribuer au processus d’apprentissage des autres.

YouthStart fait 4 propositions en faveur de la pédagogie entrepreneuriale des jeunes peu qualifiés :

  • 1 – Faire de l’esprit d’entreprendre un objectif éducatif de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il s’agirait de favoriser l’esprit d’entreprendre dès le plus jeune âge. L’entrepreneuriat en tant qu’objectif éducatif de l’école serait mesuré par des valeurs telles que la créativité, la solidarité, le sens des responsabilités, l’autonomie, la confiance en soi, l’esprit d’équipe, le leadership et la ténacité. Cela nécessiterait le recrutement et la formation d’« agents de sensibilisation à l’esprit d’entreprendre » qui seraient chargés de mener des actions éducatives directement avec les directions scolaires, mais aussi d’accompagner les enseignants dans la mise en place d’expériences entrepreneuriales dans leurs classes.

  • 2 – Faire de l’esprit d’entreprendre un objectif et une pratique pédagogique des organismes publics en charge de la formation et de l’accompagnement des jeunes chômeurs

Concrètement, des postes de conseiller pourraient être dédiés à la diffusion de l’esprit d’entreprendre et à l’accompagnement à l’émergence de projets entrepreneuriaux, individuels ou collectifs.

  • 3 – Étoffer la recherche en entrepreneuriat relative aux jeunes peu qualifiés

Les chercheurs se sont aujourd’hui essentiellement intéressés à l’entrepreneuriat des jeunes diplômés. Or il serait nécessaire d’évaluer l’impact des programmes en faveur de l’esprit d’entreprise sur les jeunes peu qualifiés.

  • 4 – Sécuriser l’entrepreneuriat des jeunes par la mise en place d’un statut spécifique

Le temps de maturation d’un projet entrepreneurial avant de pouvoir en tirer des revenus est long. Par conséquent, seuls les jeunes bénéficiant du soutien matériel de leur famille peuvent assumer cette phase pourtant incontournable de lancement. Ce statut spécifique leur permettrait de bénéficier d’une couverture sociale et de revenus.

Une méthode qui fait ses preuves

YouthStart attire enfin l’attention des acteurs socio-économiques du pays et du monde politique sur ses résultats. Selon une étude indépendante de la VUB, il apparait qu’après la formation YouthStart, 73% des jeunes participants ont été réactivés, soit en trouvant un emploi ou une formation, soit en reprenant des études, soit en lançant leur propre activité.

Avec un réel gain économique quand on sait qu’un jeune chômeur « coûte » annuellement 34.000 euros à la collectivité alors que le coût unique d’un jeune pour la formation YouthStart est de 1.000 euros. « De quoi faire réfléchir les autorités publiques, la balle est dans leur camp ! », conclut YouthStart.

Michaël Francois

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